Test de Jonah Lomu Rugby Challenge par Jeuxvideo.com

admin 27 février 2012 0

La Coupe du Monde de Rugby qui a lieu cette année en Nouvelle-Zélande a littéralement dopé la représentation de ce sport sur nos consoles. Habituellement présente de manière très épisodique, l’ovalie s’est d’abord montrée via Rugby World Cup 2011 et remet ça avec Jonah Lomu Rugby Challenge. Double ration pour tout le monde et cette fois, ce sont les amoureux du rugby de l’Hémisphère Sud qui sont ciblés.

Jonah Lomu Rugby Challenge

Jonah Lomu Rugby Challenge est développé par Sidhe Interactive, un studio déjà à l’origine des Rugby League, des titres qui n’ont pas toujours eu la chance de fouler les pelouses virtuelles européennes. Cette fois, l’occasion était trop belle pour le studio néo-zélandais qui profite de l’effervescence autour du mondial pour distribuer son bébé dans les boutiques du vieux continent par l’intermédiaire de Tagmae. Et l’effort ne s’arrête pas là puisque pour la toute première fois, nous, joueurs français, jouissons des licences du Top 14 Orange, ce qui semblait encore improbable il y a quelques mois de cela. Toutefois, le Championnat de France de Rugby Challenge se contente des données de la saison dernière. Comprenez que les transferts estivaux n’ont pas été pris en compte et que le Stade Rochelais et le CSBJ occupent les places du LOU et de Bordeaux-Bègles. Ces deux dernières équipes sont toutefois bien au rendez-vous dans une catégorie un peu fourre-tout où l’on retrouve également Leeds et une équipe de All Stars made in Lomu (Castrogiovanni, Burger, McCaw, Carter, Lomu, O’Driscoll…). Dans tous les cas, on espère qu’une prochaine mise à jour viendra remettre un peu d’ordre dans les effectifs.

Test Jonah Lomu Rugby Challenge Playstation 3 - Screenshot 43Le Top 14 licencié, un rêve qui devient réalité !

Malgré ce retard de quelques mois, la base de données est l’une des forces de Rugby Challenge. Ne cherchez pas, il est le seul titre à réunir autant de licences, de tournois et de championnats : Tri-Nations, Quad Nations, VI Nations, Coupe d’Europe, ITM Cup, Aviva Premiership, Bledisloe Cup, Rabodirect Pro 12 et donc, le Top 14 Orange. De plus, le titre comprend un éditeur qui permet de créer sa propre compétition. Il sera également utile pour modifier les noms et les apparences des joueurs, notamment des sélections nationales qui, en dehors des Black et des Wallabies, se contentent de compositions fictives. Ne soyez ainsi pas surpris de voir que la charnière des bleus est composée de Telefoni et Parker… Les maillots eux non plus, à l’exception de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, ne sont pas officiels et certaines tenues manquent en ce sens un peu de crédibilité mais ce n’est qu’un détail. L’offre globale est donc des plus satisfaisantes, d’autant qu’un mode Carrière sur 13 saisons attend les plus acharnés. Il propose notamment de diriger un club et une sélection nationale sur cette durée, ce qui double son intérêt. Le multijoueur n’est pas en reste avec la possibilité de jouer jusqu’à 4 sur une même machine et 8 en ligne. Enfin, un tutoriel assez complet, composé d’un peu moins de 30 leçons apprend de manière rapide et efficace à maîtriser la plupart des subtilités du jeu.

Test Jonah Lomu Rugby Challenge Playstation 3 - Screenshot 44Les mêlées se jouent grâce à une simple action contextuelle.

Qu’on se le dise, Rugby Challenge rend prioritairement (pour ne pas dire exclusivement) hommage au rugby pratiqué dans l’Hémisphère Sud. Pour nous européens, cela représente un véritable problème dans la mesure où tout ce qui fait la particularité de notre rugby n’est pas au rendez-vous. N’espérez ainsi pas multiplier les pick & go, les départs au ras ou les 89 (tout simplement absents du gameplay) et ne comptez pas sur le combat physique pour l’emporter. La victoire passe systématiquement par un jeu débridé et offensif, tourné vers les ailes et vos arrières avec un minimum de phases de conquête. Ainsi, la mêlée ou la touche n’ont pas été plus travaillées que ça puisque de simples QTE décident de leur efficacité ou non. A l’inverse, le jeu en mouvement a bénéficié d’un soin particulier afin que le ballon puisse vivre autant que possible. Les passes après contact sont légion et en pleine course, les joueurs ne manquent pas de solutions pour progresser vers l’en-but : crochet intérieur ou extérieur, raffut, feinte de passe… Sans compter le jeu au pied, notamment les coups de pieds rasant, particulièrement efficaces. Et même lorsqu’il est plaqué ou ralenti, un gros gabarit lancé continuera à progresser, ce qui met en avant une physique et une animation réussie, malgré des courses trop rapides et des mouvements trop brusques qui nous rappellent que Rugby Challenge n’est pas une simulation.

Test Jonah Lomu Rugby Challenge Playstation 3 - Screenshot 45Un buteur en plein effort. Attention, un mauvais timing et la balle part n’importe où !

La première conséquence d’un jeu aussi direct est la multiplication des essais et à l’inverse, la faible importance des pénalités. Dans la mesure où il est impossible d’être sanctionné dans les rucks ou les mêlées (impossible de gratter manuellement le ballon, de faire tourner ou écrouler une mêlée), l’arbitre n’intervient que très rarement pour pénaliser l’une ou l’autre équipe. Le seul moyen de voir la possession changer de main ou qu’une pénalité ne soit accordée est de commettre un en-avant (phénomène assez aléatoire), d’être signalé hors-jeu ou de plaquer haut. D’ailleurs, ces deux derniers cas interviennent davantage à cause de problèmes liés à l’IA qu’autre chose. Pour ce qui est des hors-jeu, on constate que l’intelligence artificielle tarde trop à se replacer et que le changement automatique de joueur a tendance à vous donner le contrôle de ceux qui n’ont justement pas fait cet effort. Dans la précipitation, vous plaquez alors avec un joueur en position illicite et c’est la pénalité… Les plaquages hauts sont de leur côté liés aux abus des officiels. Pour une raison inexplicable, un plaquage effectué juste en dessous des épaules pourra être sanctionné et aller jusqu’à l’exclusion temporaire du « fautif ». Une sorte de bug qui n’est pas isolé puisqu’on ne compte plus les essais accordés alors que le ballon a été aplati en dehors de l’en-but et ce, malgré la présence de l’arbitrage vidéo. Idem, lorsqu’un joueur est plaqué avec le ballon et qu’une partie de son corps est au contact de la ligne de touche, l’action se poursuit…

Test Jonah Lomu Rugby Challenge Playstation 3 - Screenshot 46Les arbitres voient des plaquages hauts là où il n’y en a pas !

Ces petits problèmes n’ont cependant pas un impact immense sur le plaisir de jeu, au rendez-vous. Si on le compare à Rugby World Cup 2011, il est indéniable que Rugby Challenge est plus varié, plus crédible et beaucoup plus soigné. Le jeu au pied est assez bien fichu et original dans la mesure où un bullet-time est déclenché dés que vous souhaitez taper, quel que soit le type de coup de pied (par-dessus, chandelle, drop, rasant, d’occupation…). Ainsi, tant qu’il est pas plaqué, le joueur a tout le temps d’ajuster son geste en prenant en compte la force du vent, symbolisée par de discrètes flèches sur la pelouse. Certains prendront l’option pour du cheat, d’autres seront heureux de pouvoir enfin droper avec précision. Le petit effet est en plus assez réussi mais il n’est pas le seul. Par exemple, lorsque vous percez en direction de l’en-but adverse et pénétrez dans les 22 mètres, la caméra se rapproche soudainement du porteur du ballon et se place juste derrière lui, vous permettant ainsi d’apprécier l’essai aux premières loges, un peu comme dans le mode Deviens Pro de FIFA. Toutefois, l’action perd en lisibilité, l’angle étant nettement réduit, il est donc nécessaire de prendre un maximum d’informations sur le placement de ses autres joueurs avant le déclenchement de cette fameuse caméra. Les allergiques pourront de toute façon la désactiver dans les options.

Test Jonah Lomu Rugby Challenge Playstation 3 - Screenshot 47Oh, regardez, un éléphant rose avec des ailes en papier mâché !

La réalisation dans son ensemble est nettement supérieure à ce que toute autre production du genre a été en mesure de nous offrir jusqu’à présent. Si les gabarits ne sont pas suffisamment marqués, la modélisation des joueurs est réussie à l’exception des visages, pas franchement reconnaissables. Mais quel plaisir de jouer une compétition de clubs avec des maillots officiels, dans des enceintes crédibles et vivantes, colorées par des sponsors officiels. L’ambiance sonore est elle aussi assurée par une musique contextuelle, lors d’essais ou de pénalités réussies, dans un style très typique du rugby de l’Hémisphère Sud. Les commentaires sont de leur côté assurés par le duo anglophone Grant Nisbett et Justin Marshall, assez efficaces et dans le bon ton mais un peu limités par la répétitivité de leurs interventions.

Note des lecteurs: 14/20

 

Source: Jeuxvideo.com

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